
Revoir Gran Canaria :
de Teror à Roque Nublo via Fataga,
impressions contrastées
De ces sites, le souvenir de notre première visite était presque magique.
Et cette fois?
Gran Canaria,
Teror, qu'en reste-t-il sans le soleil?
Décidément, le ciel n'est pas avec nous.
On comprend pourquoi le nord de l'île, ses monts et ses vallons sont aussi verdoyants, loin des reliefs ensoleillés, acérés et minéraux, des aspérités, des sombres et stériles ravines du sud : le ciel reste lourd, s'accroche aux sommets, laisse de temps en temps échapper quelques averses.

Pourtant, on retrouve avec plaisir à Teror (voir page 57 du document atteint par ce lien) cette belle avenue, la "Calle Real de la Plaza", qui descend lentement la pente de la colline en sinuant à peine, et s'évase en majesté vers la belle basilique (la "Virgen del Pino"), point d'orgue des processions traditionnelles au pied de deux grands pins multiséculaires.

Mais là, foutue lumière terne, la Calle semble plus courte, plus étroite. Comme si la ville avait rétréci.
Peut-être aussi l’effet trompeur d’une mémoire qui ne se souvient que du charme et des surprises de l’inédit.

Conjoncture saisonnière, moment creux dans la semaine ou même dans la journée? La Calle est cette fois presque vide, calme, et se drape de la banalité du quotidien.

L'absence de trottoir au pied des façades apporte une sèche sévérité. Peu de boutiques, de commerces ouverts, pas d'autres touristes que nous.
Mais il reste cependant les superbes alignements des façades colorées et des beaux balcons canariens.


La spacieuse place de la basilique, elle-même très bien entretenue reste aussi coquette.
Les placettes en arrière-plan semblent embellies. En contrebas, le vaste espace moderne avec centre d'interprétation n'a pas changé.

Par contre, la perspective perpendiculaire qui part à l'assaut de la montagne est plus ample que dans notre souvenir.


Latéralement, une maison ancienne en pignon abrite aujourd'hui une boutique à parfums.
Sa façade, blanche il y a 5 ans, a été repeinte d'un rouge carmin puissant qui lui fait perdre en élégance.


mars 2014
mars 2019
Gran Canaria,
Roque Nublo, toujours noble et sans nuage
Vers le centre de l'île, une route sinueuse et agréable nous ramène cette fois vers le parking intact, peut-être un peu agrandi, du site géologique réputé du "Roque Nublo".

Roque Nublo signifie quelque chose comme "le rocher dans les nuages", et non pas le rocher noble...
En tout cas, avec une chance persistante, nous l'aurons vu à 5 ans de distance toujours bien dégagé.
Aussi bien depuis Artenara un peu à l'ouest que depuis le Roque Bentayga, on ne voit que lui et son voisin plus modeste, énorme chicot, le Roque Rana ("rocher de la grenouille") dressés au bord du vide, sur le vaste piton qui surplombe les vallée.

Depuis le parking, on reconnaît, presque familier, le chemin de randonnée rocailleux qui grimpe vers le site. Le dénivelé est grossièrement de
1750 - 1580 = 170 mètres, sur 1500 mètres aller.
Le pouvoir d’attractive séduction, auquel l’ampleur majestueuse des paysages n’est pas étrangère, reste cette fois intact.


Pour le souffle et la forme physique par contre, c'est la déconfiture après 5 ans de plus : l'âge de ses artères...
Mais la récompense au sommet est remarquable.

Après avoir longé cet autre rocher dressé, El Fraile, qui évoque une silhouette humaine en prière ou en posture de contrition, le long plateau en pente dirige les visiteurs, peu nombreux, vers les deux monumentaux rochers dressés.

Bloc de basalte, reliquat (comme d'autres reliefs majeurs de l'île) d'une violente éruption volcanique d'il y a 3 à 5 millions d'années, le Roque Nublo culmine à 1813m (2ème point le plus haut de l'île après le Pic de Las Nieves) et 62 mètres au-dessus de sa base, sur ce plateau.
Panoramas latéraux superbes. Mais pas au point, comme la première fois, d'apercevoir à l'ouest le Teide de l'île de Tenerife flotter sur l'océan de nuages. Rien cette fois.

en mars 2014, Ténérife et le Teide...
Gran Canaria,
et sur le chemin, Fataga,
tranquille et coquette
Par la route principale qui monte depuis Maspalomas directement vers le centre de l'île, Arteara, une oasis de montagne, se remet de l'incendie récent (juste la semaine précédente) de sa palmeraie.

Voici en gravissant ensuite quelques lacets le charmant village de Fataga, qui se love sur une bosse au-dessus d'une courte vallée, autour d'un zigzag que fait en son centre le bitume.


C'est une étape habituelle des cyclistes européens de tous horizons qui viennent sur cette île s'entraîner à l'année longue, (presque) certains de bénéficier de la clémence du ciel, et de trouver les pentes à la mesure de "leur souffle de forge et leurs mollets d'acier".

Dans leurs rangs, les Français ne sont pas les plus nombreux.
Mais surtout, de plus en plus de plus petits gabarits, mollets glabres et doux, chevelure échappée du casque léger,... autrement dit de plus en plus de vous, mesdames du beau sexe que l'on dit faible.
Et pas les moins performantes.


La belle chapelle blanche (église San Jose), que l'on doit se contenter de voir de l'extérieur, au centre d'une petite place lourdement ombragée (de ficus?) est bien là.
Tranquille halte.
En face, une pittoresque maison ancienne héberge une boutique d'atisanat local.

Il est pourtant probable que pour cette région autour de Tejeda, l'été 2019 aura été fatal :
les incendies violents qui l'auront ravagée en juillet et août vont laisser des traces indélébiles pendant quelques décennies...